Le corps se souvient
Bessel van der Kolk, psychiatre et chercheur spécialisé dans le trauma, a popularisé cette idée avec son livre "Le corps n'oublie rien". Mais qu'est-ce que ça veut dire, exactement ?
Quand nous vivons une expérience intense — de peur, de douleur, de joie ou de honte — le corps l'enregistre sous forme de sensations, de tensions musculaires, de schémas respiratoires. Ces engrammes corporels persistent bien au-delà du moment vécu.
Le corps n'oublie pas. Il attend, parfois des années, une opportunité de traiter ce qu'il a gardé.
Comment ça se manifeste ?
La mémoire cellulaire peut se manifester de façons très concrètes :
- Une odeur qui déclenche immédiatement une réaction émotionnelle intense, sans raison apparente
- Une douleur chronique dans une zone précise malgré l'absence de cause médicale identifiée
- Un blocage systématique dans certaines situations (prise de parole, intimité, conflits…)
- Une tension persistante dans les épaules, la gorge ou le ventre — même aux moments de calme
- Une fatigue inexpliquée, un sentiment d'être "vide" ou "cotonneux"
Le lien avec le trauma
Le mot "trauma" fait souvent penser à des événements dramatiques : accidents, agressions, catastrophes. Mais les recherches récentes montrent que le trauma peut être bien plus subtil.
Il peut s'agir d'une humiliation vécue à l'école, d'une atmosphère familiale anxiogène, d'une relation affective insécure, d'un moment où on a eu besoin de soutien et ne l'a pas reçu. Ces expériences, lorsqu'elles dépassent la capacité du système nerveux à les intégrer, laissent des traces dans le corps.
Il ne s'agit pas d'un "problème psychologique" au sens d'une faiblesse. C'est une réponse physiologique intelligente : le corps a fait de son mieux pour survivre.
Pourquoi parler ne suffit pas toujours ?
C'est une question que m'ont posée beaucoup de personnes qui ont fait des années de psychothérapie classique : "J'ai bien compris d'où ça vient, mais ça ne change rien dans mon corps."
C'est normal. La compréhension intellectuelle active le cortex préfrontal — la partie rationnelle du cerveau. Mais la mémoire traumatique est stockée dans des zones plus profondes : le système limbique, le tronc cérébral, les muscles eux-mêmes. Ces zones ne "parlent" pas. Elles ressentent.
C'est pour ça que le travail psycho-corporel peut changer la donne : il adresse directement ce à quoi les mots n'accèdent pas facilement.
Ce qu'on peut faire
La bonne nouvelle, c'est que le corps est aussi un lieu de guérison. Les neurosciences ont montré que le cerveau est plastique — il peut créer de nouvelles voies neuronales. Et le corps peut "ré-apprendre" des états plus sécurisants.
Cela passe par :
- Le travail somatique (écoute du corps, mouvement doux, respiration)
- La régulation du système nerveux via le nerf vague
- L'exposition progressive et sécurisée aux sensations difficiles
- L'intégration par la parole — nommer ce qui se passe dans le corps change quelque chose
Vous sentez que votre corps porte quelque chose ?
La thérapie psycho-corporelle peut être une porte d'entrée pour travailler ce que les mots n'atteignent pas. Je propose un appel découverte gratuit si vous souhaitez en parler avant de vous décider.
Prendre contactCet article s'inspire de contenus publiés sur marie-sirona.fr.